blockchain: le big data repeint aux couleurs de l’utopie

blockchain: le big data repeint aux couleurs de l’utopie

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Qu’est ce que la blockchain? On dispose ici d’une source compétente et pédagogique pour répondre à cette question. On y trouvera en conclusion la dimension qui va plus particulièrement nous intéresser dans ce billet

On le voit, la complexité (de nos puces, de nos machines, de nos applications, de nos réseaux informatiques) a créé un univers où les nouveaux objets indestructibles que sont les blockchains changent les règles du jeu : moins de centralisation, moins d’autorité, plus de partages sont possibles. Une forme d’anarchie à base numérique va poursuivre son développement.

On serait tout prêt à se laisser séduire, mais cela interpelle. Alors que l’on sort à peine d’un débat passionné sur le droit à l’oubli émerge une “ utopie ” appuyée sur un système qui ne peut fonctionner que dans la mesure… où il n’oublie rien.

Deux questions se posent alors:

  • Quels sont les grands principes générateurs d’utopie que l’on trouve dans la blockchain?
  • Supposons que les idéaux d’anarchisme, d’autogestion et de décentralisation soient détournés – “ çà s’est déjà vu ” – que resterait-il ?

Pour entrer dans le sujet, prenons une autre expression de cette utopie

Les banques, les sociétés émettrices de cartes de crédit, les réseaux sociaux et même les gouvernements, dans certains cas, n’auront plus le rôle central qu’ils ont aujourd’hui.

… et rapprochons-la d’un petit point technique la concernant. Il s’agit du coût de la destruction d’une structure de type bitcoin par une attaque informatique de type “ Goldfinger ” évalué entre 300 et 400 millions de dollars et qui amène l’auteur (mathématicien) à conclure

faire s’écrouler une blockchain de type bitcoin n’est pas et ne sera jamais cher à l’échelle d’un État.

On pourrait ajouter: “ et même à l’échelle d’une grande banque… même française ”. Ceci ne représente, en effet, qu’une fraction des amendes qu’elles ont récemment payées sans sourciller au gouvernement américain. Les blockchains seraient donc destinées à renverser progressivement les grands pouvoirs politiques et économiques du monde alors même que ceux-ci pourraient les détruire n’importe quand et pour un coût réduit?

Revenons à la question: qu’est-ce qu’une blockchain ?

Les définitions sont peu éclairantes. Mais la blockchain est souvent ramenée à un protocole ouvert visant à assurer la gestion décentralisée de l’historique des transactions.

Disons-le autrement: c’est une sauvegarde en continu… susceptible de faire l’objet d’un contrôle collaboratif et décentralisé. On peut donc lui associer toutes les dimensions utopiques de l’économie collaborative, mais techniquement, la blockchain est d’abord et surtout… une sauvegarde en continu. Dépouillée de ses plus beaux atours et réduite à cette simple dimension, a-t-elle encore un intérêt? (même source)

Chacune des transactions est indissociable de son propre historique (et par là infalsifiable)

Tout est là, sans aucun doute.

On peut tout faire avec des blockchains (voir) , mais elle n’apparait vraiment révolutionnaire que pour collectionner ce qui peut se définir par son “ avant ” et son “ après ”, en d’autres termes tout ensemble de données qui peut être associé à une trajectoire. Car dans une trajectoire chaque point sert à définir l’ensemble qui lui même valide chacun de ses points (aucun d’eux ne peut être ailleurs que là où il est).

Dans ce cas la validation n’est plus algorithmique, mais chronologique… c’est-à-dire “ chrono-logique ”. Le recueil massif de données s’opère selon une “ suite logique horodatée ”. L’horodatage définit la trajectoire, la dimension de “ suite logique ” se définit par les caractéristiques du domaine traité: transactions financières, opérations de logistique, mais aussi … évènements générés par chaque individu dans l’entreprise… ou ailleurs… voire à terme … géolocalisation des individus en temps réel.

Nous n’avons encore rien vu avec la blockchain, peut être la technologie la plus disruptive jamais observée. Elle repose sur une utopie libertarienne et peut constituer un levier de disparition de la puissance publique et des tiers de confiance …/… elle crée un nouvel espace public. (lien)

La philosophie qui sous-tend la blockchain est celle du traçage. Le traçage devient-il plus “ utopique ” quand le contrôle de la surveillance s’opère par les surveillés?

Je laisse le soin au lecteur d’imaginer dans quelle mesure ce principe peut être le prélude à une révolution anarchiste.


 

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