Nikola Tesla et le “ possible technologique ”

Nikola Tesla et le “ possible technologique ”

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Nikola Tesla


Dans le monde des visionnaires, Nikola Tesla est un cas. Au centre du combat entre General Electric (Thomas Edison à l’époque) et Westinghouse pour le contrôle du marché émergent de l’électricité, amoureux des voies inexplorées, suffisamment créatif pour extrapoler à partir des moindres ébauches de possibles, il fut à son époque, l’homme des hypothèses scientifiques farfelues. Mais les hypothèses farfelues de Nikola Tesla ont eu ceci de particulier, c’est qu’elles se sont presque toujours avérées justes. L’une d’elles a longtemps pu être considérée comme ne l’étant pas, celle qu’il confiait au New York Times en … 1909:

Il sera bientôt possible, par exemple, pour un homme d’affaires à New York de dicter des instructions et les faire apparaitre à Londres ou ailleurs. Il sera en mesure d’appeler à partir de son bureau et de parler avec n’importe quel abonné au téléphone dans le monde. Seul sera requis un instrument peu couteux pas plus gros qu’une montre, qui permettra à son porteur de communiquer partout sur terre, sur mer et sur des distances de milliers de miles.

Le téléphone mobile… en 1909… ? Comment a-t-il fait?

En fait, c’est assez simple. Nikola Tesla croyait aux ondes. Or il se trouve que celles-ci ont effectivement porté le progrès technique durant tout le XXè siècle et qu’elles le portent encore. Cette hypothèse générale s’étant avérée juste, ce qui en découlait l’a été également en très grande partie. D’où ses succès d’un temps, d’où ses extraordinaires intuitions (la radiodiffusion, la télécommande, le radar, le laser…), d’où ses difficultés ensuite pour se faire entendre et surtout financer, car rien ne ressemble plus à de la magie, et donc à du charlatanisme, que ces processus de communication invisibles, sans fil et sans contact, que permettent les ondes.

Un de ses développements hypothétiques sur les ondes est cependant resté non validé, celui auquel il tenait le plus: l’énergie libre.


l’hypothèse de l’énergie libre


Nikola Tesla écrivait à son époque

Avant que bien des générations disparaissent, nos machines seront mises en marche par la force accessible à tous les endroits dans l`univers. Il y a de l`énergie dans l`univers entier.

Il aurait également créé un prototype d’automobile fonctionnant sur ce principe

Qu’est-ce que l’énergie libre?

L’énergie libre est une nouvelle forme d’énergie non conventionnelle. En physique quantique, elle est appelée énergie du vide (éther) ou énergie du point zéro. Elle occupe tout l’espace qui nous entoure et voyage à travers le vide et la matière. C’est une énergie électromagnétique dont la moyenne est nulle et qui semble neutre du point de vue électrique. Son origine est supposée liée à la présence de paires de particules et d’antiparticules (photons), occupant le vide.

Notre futur pourrait-il être cette époque où les problèmes d’énergie auront disparu?

Je n’ai évidemment pas les compétences requises pour participer aux controverses scientifiques sur ce sujet, aussi m’en tiendrai-je à mon propos, celui qui s’attache à la pensée du futur.


l’autre approche du possible technologique


Un certain schéma de l’évolution technologique est vu comme allant de soi :

invention -> exploitation -> diffusion -> évolution des usages

Notre attitude vis-à-vis du futur consiste à penser que si une performance technique devient réalisable, si “ ça marche ”, cela se fera. Et l’on a plaisir à se laisser griser par la vision de ces “ ruptures ” qui pourraient changer le monde. Or, l’exemple de l’énergie libre tendrait à montrer que certaines choses “ qui marchent ” (en supposant que ce soit le cas) pourraient pourtant… ne pas voir le jour… précisément parce qu’il s’agit de “ rupture ”… mais de rupture pour les pouvoirs installés. À l’inverse, des choses qui ne marchent pas, du point de vue par exemple de la santé humaine ou de l’environnement, seront néanmoins appelées à se développer… pour des raisons inverses, mais du même ordre.

Pour notre propos, il y a cependant encore plus intéressant. Au-delà de la logique binaire du “ se faire ou pas ”, c’est “ se faire sous certaines conditions ” et “ jusqu’à un certain point“ . Par leur capacités à faire et à empêcher, les pouvoirs installés interviennent dans toutes sortes de rétroactions dont la prise en compte permet d’échapper à une approche un peu naïve et sommaire des tendances.

Ainsi, si l’on en revient aux prédictions de Nikola Tesla sur l’énergie libre, on peut se convaincre que celle-ci aura sans doute un futur, mais pas celui dont on pourrait rêver. Ce sera un futur semblable à une autre source d’énergie, très comparable, elle-même “ utopique ”, à savoir l’énergie solaire, qui se développe effectivement, mais de façon centralisée, alors que son caractère utopique tenait précisément au fait qu’elle pouvait ne pas l’être. Quand on saura réaliser des “ centrales à énergie libre ”, elles existeront sans doute… et Nikola Tesla aura encore raison. La source est très secondaire pour les multinationales de l’énergie, elle n’est importante que pour leurs syndicats. Seule la concentration importe vraiment. La concentration c’est ce qui permet de ramener tous les principes potentiellement déviants dans la “ normalité économique ”. En terme de futurologie, cette dimension “ politique ” des possibles c’est ce qui permettra toujours à un éléphant utopique… d’accoucher d’une souris.


 

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