
autour de l’effet papillon
Un dixième de degré en plus ou en moins en un point quelconque, le cyclone éclate ici et non pas là, et il étend ses ravages sur des contrées qu’il aurait épargnées.
- La frappe d’une boule de billard amènera, par le jeu des rebonds sur les bandes, à un état final totalement différent d’une autre présentant une différence très faible d’angle ou de force.
- Glissements de terrain ou avalanches peuvent être déclenchés – ou pas – par une toute petite impulsion, à un instant “t“, à peu près impossible à prévoir. Un peu plus tôt, un peu plus tard, la chaleur ou le froid subis par les sols peuvent en faire une catastrophe, un simple incident… ou rien du tout.
- (*) La forme future d’une stalagmite est imprévisible, car tributaire des caprices d’une goutte d’eau.
- On retrouvera un phénomène du même type dans la formation des embouteillages dits “sans cause apparente”.
- Un ancien billet (“CRÉER: le robot face à l’ultime bastion de l’humain”) présentait une transformation par Deepdream d’un carré uni n’ayant subi qu’un simple flou gaussien. L’algorithme agit en fonction d’une forme – invisible pour nous – que les pixels de l’image lui évoquent. Une modification minime dans la configuration de ces pixels inspirerait à Deepdream une forme totalement différente.
attracteurs et prédispositions
(*) Mais, même si le chaos fait paraître les choses aléatoires désordonnées ou imprévisibles, la vérité est que le chaos crée des modèles. Le chaos n’est pas synonyme de désordre. Aussi chaotique qu’il puisse paraître, un système suit une trajectoire vers certains points. Ces points vers lesquels le système tend à se diriger sont appelés « attracteurs ».
Selon ses besoins ou ses envies du moment, le circuit d’un consommateur à l’intérieur d’un centre commercial, les rayons où il va s’arrêter et le temps qu’il va y rester sont impossibles à prévoir. Pourtant, quels qu’ils soient, on peut tenir pour acquis qu’il entrera par l’entrée et sortira par les caisses ou les “sorties sans achats”.
Par ailleurs, du cyclone de Poincaré aux glissements de terrain, l’effet papillon ne fonctionne que dans le contexte de certaines prédispositions de l’environnement.
la notion de “cygne noir”
(*) Le cygne noir est atypique en ce sens qu’il se situe en dehors du domaine des attentes habituelles, car rien dans le passé ne permet d’envisager sa possibilité de manière convaincante.
- Celle d’un «impact extrême», d’où il faut séparer la dimension émotionnelle (une image spectaculaire et une horreur absolue) de son influence tangible dans l’évolution.
- L’exemple du 11 septembre 2001 est associé à ceux de l’émergence d’internet et de la crise économique de 2008, dont il est permis de contester le statut de cygne noir.
- La mention d’une «théorie du cygne noir» est également hautement contestable quant à sa qualité de… “théorie”.
l’idée d’engrenage: l’incontournable de la prévision
Les engrenages de la prévision peuvent être considérés comme constamment “en cours”: on peut en postuler des états, mais jamais une fin, même si ses articulations sont peu lisibles.

le rôle fondamental des émergences
Parmi les phénomènes les plus complexes de l’évolution: l’émergence.
Une propriété peut être qualifiée d’émergente si elle « découle » de propriétés plus fondamentales tout en demeurant « nouvelle » ou « irréductible » à celles-ci. Ainsi, les propriétés de l’eau ne sont pas réductibles à celles de l’hydrogène ou de l’oxygène.
(*) une organisation, une fois constituée, possède des propriétés autorégulatrices et autoconstructrices. Les entités complexes stables se maintiennent. Inversement, celles qui sont instables disparaissent.L’organisation, constatée est spontanée. Les entités de niveau inférieur se groupent, grâce à leurs propriétés, en entités plus complexes. L’émergence est le fruit de l’auto-organisation. Elle ne suppose pas d’intervention mystérieuse. Le processus d’émergence ne suppose aucune force spéciale mal connue. Il s’agit d’une structuration qui se fait spontanément à partir des composants déjà présents ou d’autres qui tiennent le rôle d’agent.
l’homéostasie et ses incertitudes
(*) La notion d’homéostasie de Walter Cannon (1946) décrit la manière dont les diverses fonctions physiologiques du corps se contrôlent les unes les autres et interagissent dans des boucles de rétroaction pour prévenir des déséquilibres à l’origine des troubles.
(*) Le concept d’organisation, bon à tout faire chez les politiques et les sociologues, dissimule en fait la question de savoir si et comment une diversité de groupes hétérogènes par leurs fonctions et hiérarchisés par leurs statuts peut être intégrée dans une totalité capable de maintenir sa cohésion à travers le temps, en s’adaptant, sans se dénaturer, à des situations historiques partiellement imprévues
Edgar Morin qui considère que la vie d’un système implique un double mouvement (un mouvement de corruption et de désorganisation et un mouvement de fabrication et de réorganisation) », l’homéostasie est « la conjonction des processus par lesquels un système (vivant) résiste au courant général de corruption et de dégénérescence. Elle désigne donc l’ensemble des rétroactions correctrices et régulatrices par lequel la dégradation déclenche la production et la réorganisation.
en guise de conclusion provisoire
Penser le futur pourrait donc commencer par exprimer des attracteurs pertinents, puis les engrenages complexes qu’on peut leur associer.

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