La pensée du futur se nourrit de tendances, peut-être n’y a-t-il pas d’autres façons de l’aborder. Mais à quoi mènent-elles au juste, car il faut le dire, des tendances… il y en a beaucoup.
des tendances… des tendances… des tendances…
les tendances et leurs limites incertaines
Rien ne nait ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau.
En vieillissant, la vue baisse, l’audition baisse, mais tout le monde ne finit pas aveugle et sourd. En outre, aucune tendance exprimable simplement ne nous mène du bébé à l’adolescent ou de l’enfant au vieillard. (voir «tendances & métamorphoses: le modèle du vieillissement»).
(*) Les tendances auraient ainsi à composer avec des relations entre ce qui évolue et ce qui n’évolue pas…ou peu… ou pas au même rythme… ou pas en même temps.
détecter les “glissements”: la théorie des prototypes
La théorie des prototypes a fait l’objet de deux précédents billets: “approcher l’inédit à partir de la théorie des prototypes” et “penser le futur comme si c’était un oiseau”.
La théorie des prototypes se veut descriptive. Elle n’explique rien. Elle ouvre seulement à des questions. L’hypothèse est que la représentation centrale d’une idée évolue et que ce mouvement est révélateur de … quelque chose.
l’allométrie, la loi de Liebig & la notion de dépendance
L’allométrie désigne la croissance à des vitesses variables des différentes parties d’un ensemble. C’est un concept issu de la biologie.
Sous sa forme plus générale, comme loi du maillon le plus faible, la loi de Liebig énonce que le résultat d’une chaîne de processus est limité par le chaînon le moins performant.
En futurologie, l’incomplétude ne débouche pas seulement sur un “inachevé“. Cette “fraction“ de réalité qui échappe à la tendance générale est dotée d’une vie propre, susceptible de rejoindre d’autres évolutions et perturber, voire retourner, les devenirs les plus probables.
un exemple d’exponentielle et de maillon faible
(*) – «Chaque année, la quantité de données numériques produite par l’humanité croît de façon exponentielle. De 64 zettaoctets (64 000 milliards de gigaoctets) en 2020, on devrait monter à plusieurs milliers en 2035»
(*) Les câbles sous-marins supportent plus de 95% du trafic de données international.

(*) Les attaques contre les infrastructures câblées peuvent être des opérations peu coûteuses qui ne nécessitent pas nécessairement des capacités haut de gamme.
(*) Suite aux ruptures de câbles de la fin 2024, l’OTAN accélère son projet HEIST consistant à associer les constellations satellites en redondance des câbles sous-marins de fibre optique, pour constituer des réseaux hybrides plus résilients en cas de sabotage. Il reste toutefois impossible d’assurer des débits aussi importants dans l’espace que ceux de la fibre optique. Des communications laser inter-satellites pourraient apporter un début de réponse. Ces liaisons sont cependant elles aussi fragiles et également menacées.
(*) Les attaques par déni de service distribué (DDoS), désormais dopées à l’intelligence artificielle, franchissent un nouveau seuil d’alerte. Le rapport semestriel rendu public jeudi par Netscout Systems, éditeur américain spécialisé dans la cybersécurité, chiffre à plus de huit millions le nombre d’assauts ayant paralysé des infrastructures numériques entre janvier et juin 2025. Un tiers d’entre eux s’est abattu sur l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, région déjà mise à rude épreuve par une instabilité géopolitique persistante.
Coûts plus élevés, y compris pour l’utilisateur, pannes plus fréquentes donc service dégradé, émergences et renforcements de nouvelles pratiques, alimentées par ceux qui seraient déjà privés d’un internet de bonne qualité dès à présent (*)
L’analyse approfondie de scénarios de ce type n’est évidemment pas à l’échelle d’un simple billet, mais un exemple tel que celui-ci démontre l’intérêt d’une approche des tendances par leurs limites (voir aussi: “autour de l’idée de “rétro-révolution”: le futur du papier”).

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