quel futur nous promet le robot qui apprend à parler?

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Qu’allons-nous chercher quand nous aurons guéri la maladie de Parkinson?

 

 

Une communication scientifique (dans sa version intelligible) et (dans sa version savante )- nous apprend que le robot humanoïde iCub est en train d’apprendre à parler. On ne peut bien sûr qu’admirer le travail des scientifiques qui parviennent à relever ce genre de défit, mais on peut aussi avoir du mal à réprimer un vague sentiment d’inquiétude teinté de perplexité.

À quoi nous mène ce progrès-là? Réponse: “à soigner la maladie de Parkinson“.
… Et cette impression tenace que l’on se préoccupe décidément beaucoup de cette maladie en ce moment (voir aussi ce qui se passe autour de la dopamine -dite molécule de la créativité-). En fait, l’intérêt pour cette maladie (longtemps oubliée) ne se dément pas depuis que l’on a commencé à travailler sur les robots intelligents… et cela ne va sans doute pas s’arrêter de si tôt:

Le 28 janvier, la Communauté européenne a rendu son verdict : les deux programmes phares de recherche, ou flagships (« vaisseaux amiraux »), qu’elle financera dans le domaine des « technologies futures émergentes », porteront sur le graphène et la modélisation du cerveau …/… un pari à un milliard d’euros, sur dix ans, pour chacun des deux élus.

source le monde

Le CSER, (Centre for the Study of Existential Risk)…/… a été créé au sein de l’université de Cambridge …/… Il sera chargé d’étudier les technologies susceptibles de menacer l’espèce humaine …/… Les domaines d’étude sont vastes : biotechnologies, intelligence artificielle, nanotechnologies… en clair, toute technologie humaine capable d’échapper, un jour, au contrôle humain.

source Futuribles

Anxieux ? Pas encore. Nous n’en sommes pour l’instant qu’au robot qui apprend à parler.
Non, en fait, ce qui inquiète, c’est cette insistance avec laquelle on cherche à nous persuader que la finalité de ces recherches est … de soigner la maladie de Parkinson.

Ceci nous ramène à la problématique de la légitimité abordée par ailleurs  et dont les premiers acquis pourraient nous convaincre que si, contre toute évidence, la démarche cherche à s’appuyer sur une des légitimités les plus indiscutables (soigner), c’est sans doute que les vrais ressorts de la démarche apparaissent difficiles à défendre aux yeux mêmes de ses initiateurs (pour les OGM c’était nourrir les pays pauvres).

 

deux familles de grandes peurs pour le futur

 

 

Un robot capable d’apprendre à parler signifie, d’abord et surtout, un robot capable d’apprendre, ce qui laisse ouverte et indéterminée la longue liste de tout ce qui peut, ainsi, lui devenir accessible.

Mais n’en profitons pas pour oublier notre deuxième peur.

Quand on lit des comptes rendus de recherche sur la dopamine et sur ses effets sur la créativité, on commence à y voir comme une pré-apologie du dopage intellectuel, surtout si l’on recoupe ces perspectives avec le syndrome du créateur qui se doit de produire de l’inédit en quantité et celui du parent d’élève qui tient absolument à faire de son enfant… un enfant précoce… et en avance.

La grande peur d’aujourd’hui: le robot capable de s’autoprogrammer.
Mais il y a peut être pire… et je crois qu’un sondage s’impose autour de cette question:

Qu’est-ce qui vous fait le plus peur:

1/un robot capable d’apprentissage
2/un humain qui produit une création par minute tout en parlant et comprenant toutes les langues et qui aurait au passage vaincu le sommeil et quelques autres choses?

Question subsidiaire: la compétence d’autoprogrammation vous paraît-elle plus inquiétante chez un robot… ou chez un humain ?

 

 

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