Pourquoi ne dessine-t-on plus les villes du futur?

Pourquoi ne dessine-t-on plus les villes du futur?

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Longtemps la futurologie n’a consisté “presque” qu’en cela: exprimer le futur par une représentation de la ville du futur. Alors que la prospective évoquait un chaos urbain pollué, la science-fiction montrait, ce qui n’existe pas, c’est-à-dire un ordre social figé, matérialisé par une ville “définitive”, sous le joug d’un pouvoir fort, sans passé, sans chantiers, sans évolution prévisible.


le vocabulaire de la ville du futur


Pouvoir d’un maitre ou d’une caste exprimé par des villes-objet hors d’échelle, dégagées du sol.

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Domination d’une logique, sous des représentations de villes-système

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La ville du futur n’a longtemps été qu’un langage, universellement compris, dans la mesure où il se limitait à combiner un nombre réduit de symboles facilement identifiables:

• Le pouvoir absolu, thème incontournable de la SF, s’y exprimait par la simplicité, l’unicité et le gigantisme de l’objet-ville

• Si cette unicité représentait le pouvoir absolu, sa reproduction à l’identique en quelques exemplaires évoquait les confrontations de pouvoirs

• à l’inverse, l’articulation de formes insolites de différentes natures était mobilisée pour rendre compte d’une société plus complexe

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• Déjà présent dans l’image du désert (en-tête), le développement en hauteur évoquait la disqualification du sol, représentation symbolique du passé

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• Le temps – le long terme – était représenté par des formes très improbables puisque supposées produites par des capacités techniques inaccessibles

La ville du futur n’a longtemps été que la représentation d’un “ordre futur”, ce qui la dotait d’une symbolique à caractère fonctionnel, fût-il réduit aux fonctions de pouvoir. Peut-être faut-il voir la fin de cet “age fonctionnel” dans un concept futuriste comme celui de ces tours agricoles imaginées pour Singapour

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vers la décomposition de « l’idée » de ville du futur


Cette idée d’ordre urbain du futur s’est décomposée sous l’action conjuguée de plusieurs forces:

• La prise en compte d’une croissance urbaine non maitrisée liée à une “dictature de la multitude” promise par les extrapolations démographiques. En quelque sorte, le bidonville ou le camp de réfugiés comme modèle de la non-ville de demain.

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• La recherche de cette quadrature du cercle que constitue l’urbain immatériel, soit une ville qui voudrait fusionner avec un contraire devenu tellement probable.

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• Sous l’action des jeux vidéos et du cinéma où la ville devient simple décor, celle-ci à progressivement perdu sa dimension de langage pour ne plus être qu’une ambiance où chaque constituant n’est plus parlant en lui-même

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• Enfin le dernier coup porté à la ville du futur l’a été par la banalisation de ses attributs les plus classiques: le gigantisme et les formes improbables. Ceux-ci n’appartiennent désormais plus au futur, mais tout simplement au présent. La Tour Croissant est en construction à Dubaî:

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• L’hôtellerie de luxe s’est réapproprié les morphologies improbables de la science-fiction.

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• L’émergence de la SF post-apocalyptique: villes et sociétés n’existent plus. L’individu est seul sur une planète en ruine

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à la recherche d’une signification


Aujourd’hui, la ville n’est plus au coeur de la futurologie. À tord ou a raison, notre futur s’est recentré sur l’humain: l’humain cloné, transhumanisé, virtualisé, perdu dans un cyberespace.

Mais le transhumain est seul. Personne n’imagine une société de transhumains.

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Que signifie, qu’une société, ne perçoive plus son futur qu’au travers de celui… de l’individu?


 

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