l’avenir de l’image est-il dans l’invisible?

l’avenir de l’image est-il dans l’invisible?

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l’image de l’image se dégrade.

 

A-t-elle gardé son potentiel hypnotique? (lien)

Dans 68% des cas, les personnes regardent la télévision tout en consultant leur téléphone ou leur tablette

A-t-elle toujours un potentiel fonctionnel?
Que penser de l’envahissement de la bande passante par des vidéos d’interviews et de conférences, qui ne fond qu’ajouter, à un message textuel, une image animée qui n’apporte rien en terme d’information?

De quoi cette sur-accumulation d’images est-elle le signe?
Une inflation photographique a été provoquée par la généralisation des téléphones portables (source « journal du geek« )

C’est officiel, le nombre de personnes étant abonnées à un forfait mobile vient de dépasser le cap symbolique des 6 milliards. C’est l’International Telecommunication Union (CTIA) qui annonce ce chiffre, plutôt impressionnant. Inutile de vous rappeler que nous sommes 7 milliards sur Terre.

Ce qui amène à des manifestations impressionnantes comme le montre la photographie reproduite ici (source “médiaculture“), dont on pourra lire une interprétation intéressante dans le billet concerné.
… Et que ceux qui n’ont jamais photographié de lion dans un jardin zoologique leur jettent la première pierre.

En première analyse, on serait tenté de voir dans ces différents phénomènes la préfiguration d’une désaffection progressive pour l’image.
… En première analyse.

 

l’invisible, un nouveau centre d’intérêt… pour l’instant anecdotique

 

La première approche connue de la dimension invisible de l’image est liée à la perception subliminale et daterait d’une publicité pour Coca-Cola en 1956, approche sans grands lendemains pour des raisons principalement physiologiques.

Mais aujourd’hui, l’invisible commence à attirer de nouvelles recherches dans différentes directions:

• disparaître avec la cape d’invisibilité (source CNRS)
• ou inversement, accéder visuellement à ce qui est masqué et voir à travers les murs (source “journal de la science“).

L’impact éventuel de ces problématiques sur le devenir social n’apparaît pas très lisible dans l’immédiat, mais des chercheurs y travaillent.

 

vers un invisible beaucoup plus obscur

 

L’image est aujourd’hui l’eldorado des chasseurs de données personnelles et la reconnaissance faciale un domaine d’application où 2D et 3D se mettent au service d’objectifs multiples (source “mondeo »)

• contrôle d’accès automatique
• surveillance de la vigilance d’un conducteur
• identification d’un comportement hostile
• identifications d’un individu dans une foule (lien)
• identification des relations interpersonnelles (voir réseaux sociaux)
• pilotage d’appareils électroniques (voir le buzz autour du Galaxy S4)
• création de fichiers de police plus ou moins officiels (source OWNI)
• …etc.

La puissance des algorithmes s’accroit très rapidement (source “pcimpact »)

Le japonais Hitachi Kokusai Electric a révélé …/… un dispositif biométrique capable, selon le Dailymail de capturer une photo et de l’identifier immédiatement. Selon les affirmations de son concepteur, ce système peut en effet exploiter dans la seconde, une base de 36 millions d’autres photos afin d’identifier par comparaison une personne passée sous l’œil de sa caméra

On est sur le point de reconnaître les individus, même de dos. (source “usine nouvelle“)

Ces exemples montrent que l’image constitue un collecteur de données d’autant plus redoutable qu’elle cache ce qu’elle est capable de dire et qu’elle rapporte sans qu’il soit nécessaire de lui définir ce qu’elle doit rapporter. Cet invisible-là, seuls les algorithmes sont capables de le percevoir.
Demanderions-nous à avoir accès à nos données personnelles que l’on nous montrerait des photos de nous, que nous serions les premiers à considérer comme tout à fait banales.

Ces dernières caractéristiques engagent à prévoir le maintien à un niveau soutenu de l’intérêt pour une problématique de l’image vue comme compilateur invisible de données, alors que l’image, dans son sens habituel, pourrait se dissoudre dans un “bruit de fond visuel“ à l’intérêt décroissant.

 

 

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