supposons que Google soit bien informé…

supposons que Google soit bien informé…

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Google vient d’officialiser la création d’une division robotique, après avoir acquis sept entreprises du secteur, promettre d’en incorporer d’autres et mettre tout cela sous la houlette d’une de ses stars: Andy Rubin, le père d’Android. Tout indique donc que c’est du sérieux et que cela correspond à un authentique choix stratégique.

Un rapide survol de présentation des sociétés acquises (déjà liées entre elles pour certaines) nous montre mieux qu’un long discours de quoi il s’agit.

SchaftIndustrial Perception, Meka Robotics, Redwood Robotics, Bot & Dolly & Autofuss, Holomni

synthèse Google Robot

ZDNet le résume ainsi:

Si les plans stratégiques de Google ne sont pas connus, il semble que le géant souhaite aller vers un produit commercial assez rapidement. Pas question d’un nouveau projet fermenté dans les X Labs avant de voir peut-être le jour. Mais par « produit commercial », plusieurs spécialistes interrogés par le New York Times préviennent qu’il ne faut pas forcément entendre « grand public ». Pour l’instant du moins, le groupe viserait une optimisation des processus de production. Les chaînes de montage de produits électroniques, largement manuelles à l’heure actuelle, pourraient bénéficier – ou leurs employés pâtir, selon le point de vue – d’innovations développées par l’équipe d’Andy Rubin.

Supposons alors que Google se soit donné les moyens de prévoir juste … sinon, à quoi servirait de collectionner autant de données et surtout d’embaucher Ray Kurzweil 🙂

Cela signifierait que :

• les robots domestiques, robots de compagnie pour enfants ou pour vieillards, robots baby-sitter, robots jouet …etc. ne seraient pas considérés par Google comme un marché significatif, au moins pour l’instant.

• qu’il en irait de même pour le développement des robots dans les services (robots d’accueil…)

• donc que le marché des robots serait appelé à ne se développer, à court ou moyen terme, que dans le cadre de la production industrielle

• que dans ce domaine, le remplacement de main-d’oeuvre sous-payée par des robots serait considéré comme économiquement pertinent

•… donc que de nouvelles et grandes vagues futures de consommations seraient envisagées.

• que les suppressions d’emplois produites par ces robots toucheraient le monde entier

La question devient alors: Que va-t-on produire dans de telles quantités qui pourrait concerner une demande de moins en moins solvable… selon Google ?

On peut envisager deux types de réponses:

a) Ce qui se vend déjà (produits électronique grand public) mais en hyper low-cost, ce qui supposerait implicitement un fort ralentissement de capacités et de performances pour ces appareils… au moins à échéance de quelques années.

b) Une anticipation de production de la part de Google qui consisterait, grâce à ces robots, à se mettre en position d’hyper-compétitivité pour un marché émergent prévu pour être énorme dans une décennie et qui pourrait être…

… la production de robots

… de robots à faible coût… puisque produits en masse… donc à priori destinés à la grande consommation

Dans le premier cas, Google ciblerait les entreprises, dans le second, il travaillerait pour lui-même.

Faire produire des robots par des robots s’insérerait bien dans la forme de pensée du X Lab de Google… et dans les grandes théories de Ray Kurzweil son gourou.

Il reste à formuler des hypothèses sur l’utilité supposée de ces futurs robots… dont personne ne pourrait plus se passer.

Cette hypothèse doit être prise au sérieux dans la mesure où les multinationales de l’envergure de Google disposent aujourd’hui de la puissance nécessaire pour rendre leurs prophéties autoréalisatrices. Nous l’explorerons dans un prochain billet.

 

 

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