l’irrésistible attraction des tendances courtes

l’irrésistible attraction des tendances courtes

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Médiatiquement parlant, “être moderne“ n’est pas un fait d’évolution, mais de rupture. Cela ne consiste pas à “porter“ l’Histoire vers le futur, mais à rompre les liens avec le passé. L’Histoire est perçue comme un terrain de jeux d’érudits un peu désuet… comme la recherche, pas très utile, d’une compréhension trop tardive de ce qui n’est plus.

Mais que peut-être la futurologie si ce n’est une “anticipation de type historique“?  Le futur peut-il ne se construire que par une suite d’impulsions instantanées où l’évolution sociale s’assimilerait aux mouvements d’une bille dans un billard électrique?

Pourtant ce sont bien les impulsions instantanées, les phénomènes les plus récents, les tendances les plus courtes et leurs acteurs, qui s’imposent à notre esprit quand nous tentons d’imaginer le futur. Que les ventes de tablettes explosent… et le futur sera “tablette“, qu’Amazon annonce des livraisons par drones… et le futur sera “drone“…

Or, aujourd’hui, un dirigeant, un gouvernant, se doit d’être « médiatiquement » moderne, ce qui signifie que “médiatiquement parlant“, il doit inscrire ses décisions dans la logique des tendances courtes. Un exemple en a été envisagé dans le billet précédent (voir « Scénario post-rétrospectif: l’exemple du futur de l’écriture »)

Offrons-nous un petit détour par l’année 1997.

Cette année-là:

  • est enregistré un domaine sous le curieux nom de “google.com“
  • Steve Jobs reprend la direction d’une entreprise à l’agonie dont Mickael Dell disait: « Que faut-il faire avec Apple? Fermer la boîte et rendre l’argent aux actionnaires »
  • Crée depuis seulement 2 ans, Amazon voit ses pertes devenir abyssales: de 6 millions de dollars en 1996 à 1,6 milliard de dollars en 1999
  • Le 14 mai, Mark Zuckerberg fête son 13e anniversaire

Aujourd’hui, plus personne ne voit le futur de la planète autrement qu’à travers le futur d’entreprises qui n’existaient pas encore – ou quasiment plus – il y a seulement 17 ans.

Rappelons, à ce propos, qu’en 1997:

  • L’objet-roi était le micro-ordinateur.
  • Le premier fabricant mondial de micro-ordinateurs était… Compaq
  • Le futur semblait ne pouvoir appartenir à personne d’autre qu’à Microsoft

 

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